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Kofi Amigosten Amoah a été élu Personne la plus fiable d’Afrique par SDLG mais qui est-il ? Qu’est-ce qui le fait avancer ? Et qu’est-ce que « Sur la route » ?

Kofi est né à Accra, au Ghana, en février 1969. Ses parents étaient originaires de Mafi Kumase, dans la Région de la Volta (à l’est du lac Volta et à l’ouest de la République du Togo) et Kofi était l’un de leurs cinq enfants.

Après un passage à la Datus Preparatory School de Bubiashie, à Accra,, il suivit l’enseignement du Bishop Herman College High School à Kpando, dans la Région de la Volta, où il obtint son diplôme de fin d’études secondaires en 1988.

Après le secondaire, il fréquenta la School of Social Work après quoi il obtint une place à l’Université du Ghana où il étudia le travail social.

Durant ses études, il fut nommé par le ministère du travail social « travailleur social résidentiel » dans un foyer où les délinquants juvéniles étaient détenus jusqu’à leur procès. « C’est là que j’ai vu de mes yeux les problèmes auxquels faisaient face les gens vivant dans les rues », explique Kofi.

En 1990, la question des enfants des rues fut reconnue comme problème social et Kofi, appuyé par le gouvernement, se mit à l’œuvre dans les rues avec mandat d’évaluer les problèmes et de recommander des solutions. Il mena ce travail jusqu’en 1996, utilisant souvent la vidéo pour étayer ses conclusions.

« J’ai quitté le ministère en 1996 après avoir décidé que je pouvais, seul, utiliser mes vidéos et les médias pour mettre en exergue les problèmes auxquels les enfants des rues faisaient face auprès d’un plus large public », explique-t-il. Et d’ajouter : « Je voulais également attirer l’attention de tous sur les conséquences de l’inaction. J’ai filmé des vidéos pour montrer la difficulté de la vie dans les rues et je suppose que c’est là que mon association caritative « Sur la route » trouve son origine ».

De par son travail, Kofi se retrouva de plus en plus régulièrement à la radio ou à la télévision, pour une table ronde ou une interview, afin de partager son vécu et son expertise. Réalisant que les médias seraient indiscutablement dans l’avenir un outil important de collecte de fonds et de mise en lumière des problèmes qui lui tenaient à cœur, Kofi suivit en 2002 une formation d’acteur de 12 mois. « Avec ceci à mon actif, j’ai pu décrocher quelques publicités à la télévision et du travail en tant qu’acteur pour gagner un peu d’argent. Chaque fois que j’avais un peu d’argent, j’enfourchais ma moto pour trouver les moins fortunés que moi que je pouvais aider. »

Gagnant sa vie avec ses publicités à la télévision et la vente de vidéos et de photographies, Kofi faisait ce qu’il pouvait pour aider les autres. Toutefois, en 2011, il ressentit un véritable besoin de développer son travail de défense des déshérités : « J’ai juste ressenti le besoin de faire plus, alors j’ai lancé « Sur la route avec Amigos » que j’ai ensuite enregistré sous le nom « Sur la route ». Amigos étaient mon surnom à l’école et il est resté. »

Il combine désormais ses activités commerciales avec son travail caritatif, mettant à profit les visites à sa clientèle pour passer dans les communautés urbaines et rurales afin de cerner les besoins des enfants déshérités, des personnes à besoins spéciaux et des personnes défavorisées. « Je trouve mes « causes » durant mes voyages et aussi par Facebook. Facebook est devenu un outil tellement important par lequel les gens peuvent me contacter et qui me permet également de partager mon vécu. »

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Sur la route

Kofi, qui passe tellement de temps sur la route, est hautement conscient des dangers courus non seulement par les autres usagers mais également par les piétons : « J’ai vu trop de choses affreuses sur la route. Il est perturbant de voir tant de gens blessés ou tués dans des circonstances qui, franchement, peuvent être évitées ». À cette fin, Kofi profite souvent de ses passages à la télévision pour montrer les vidéos qu’il a filmées avec une caméra montée sur son casque et pour parler de sécurité routière. « C’est un sujet qui me tient à cœur et, grâce à mes vidéos et à mon vécu, je suis déterminé à faire bouger les choses pour rendre nos routes plus sûres pour tous. »

Il est tentant d’imaginer que Kofi, en mettant en avant les problèmes sociaux, s’en prend à l’ordre établi. Il est toutefois absolument apolitique et croit passionnément en le Ghana et en son peuple : « Pour moi, c’est très simple. Je veux ce qu’il y a de mieux pour le Ghana et pour son peuple et tout ce que je fais, c’est aider et encourager ceux qui sont dans le besoin. Je suis absolument certain que si l’on a la générosité de partager ce que l’on a avec ceux qui souffrent, on peut faire de grandes choses. »

« J’ai tout simplement le don dans le sang », poursuit-il. « Je me souviens que mon père aidait sa communauté et maintenant, ma fille de six ans, Empress, montre aussi son amour par le travail caritatif. Mais il ne s’agit pas seulement de donner. J’étais en voyage un jour et je rencontre une femme assise dans une église et priant pour de la nourriture. Elle y était depuis sept jours ! Je pense que nous savons tous que la prière n’est pas une solution à long terme et j’essaie donc dans ce genre de situations de donner la capacité aux gens de prendre leurs propres initiatives, de devenir autosuffisants et d’apporter une contribution à leur communauté. J’ai soutenu beaucoup de ces initiatives et cela me fait chaud au cœur de voir des gens dans des situations désespérées renverser leur destin. »

Faire bouger les choses

Kofi considère avoir reçu un don lui permettant de voir les gens qui sont dans de véritables difficultés. Il poursuit : « Patience en est l’exemple parfait. J’essayais un jour de trouver une pièce pour ma moto et je l’ai trouvée assise dans la rue, tentant de s’occuper de son bébé tout en essayant de vendre de l’eau. En parlant avec elle, j’ai appris que le père de l’enfant avait disparu à la nouvelle de sa grossesse et qu’elle était absolument sans ressources. Elle vivait dans une petite pièce avec sept autres femmes et leurs enfants et il lui fallait chaque jour gravir une montagne simplement pour survivre. »

Kofi fut troublé par cette rencontre fortuite et en parla à sa fille le soir même. « Empress Esi Amoah, ma merveilleuse fille, est un éclat de lumière. Elle a réfléchi aux malheurs de Patience et dit qu’elle économiserait de l’argent pour lui acheter une machine à coudre car ce serait une bonne chose de l’aider. »

Empress « gagne » son argent de Kofi par ses bonnes notes à l’école et tandis que la plupart des petites filles de six ans préféreraient dépenser leur argent en jouets ou en vêtements, Empress a choisi d’employer son argent à aider Patience.

Rendant visite à Patience quelques semaines après lui avoir donné sa machine à coudre et seulement un jour après avoir été élu Personne la plus fiable d’Afrique SDLG, Kofi a déclaré : « Je suis ému et honoré de voir mes efforts reconnus par ce magnifique prix SDLG. Le lendemain était toutefois une nouvelle journée au cours de laquelle je pouvais faire bouger les choses. J’étais donc ravi d’aller rendre visite à Patience pour voir comment elle se débrouillait avec sa machine à coudre. Ce fut un grand plaisir de voir les vêtements qu’elle avait fabriqués. »

Après sa visite chez Patience, Kofi fit deux 21/2 heures et demi de moto vers le nord-ouest jusqu’à l’école municipale d’Agortikope.

Il avait promis aux enfants de cette petite école rurale qu’il leur donnerait un ordinateur, ayant découvert lors de sa première visite deux semaines auparavant que ce qu’ils avaient qui s’en rapprochait le plus était une peinture murale. « J’ai été contacté sur Facebook par Fafa Otta, l’une des professeurs de cette école. Elle suivait mon blog « Sur la route » et m’a demandé de leur rendre visite pour constater leur situation. À ma première visite, j’ai donné aux enfants des crayons et des cahiers mais à la vue de cet ordinateur peint au mur, j’ai su immédiatement que ce serait une bonne chose pour contribuer à leur éducation. »

Pour Fafa : « L’engagement de Kofi signifie énormément pour notre école et pour tous nos élèves. Ses visites sont déjà très attendues par les enfants et pour ce qui est de l’ordinateur… c’est un tel progrès pour l’école, les mots me manquent presque. » Fafa explique que l’école manque de locaux et l’intervention de Kofi se fait déjà sentir sur certains problèmes fondamentaux. « Il accorde un intérêt particulier à notre école et représente un tel exemple pour tous les enfants ici. Nous sommes si reconnaissants de son aide. C’est bien la bonne personne qui a été nommée Personne la plus fiable d’Afrique SDLG. »

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